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Les registres matricules
Archives en ligne
La vie des poilus lotois
en 77 000 fiches

Les registres matricules disponibles sur le site Internet des Archives départementales récapitulent la carrière militaire d'un conscrit, depuis son recensement militaire effectué à l’âge de 20 ans.

A 20 ans, tous recensés

Les Archives départementales, service du Conseil général, ont mis à disposition du public sur leur site Internet  134 registres matricules des classes 1887 à 1921 (soit tous les Lotois en âge de participer à la Grande Guerre). Près de 77 000 fiches sont mises en ligne. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une campagne nationale.

Le montant de l’opération s’est élevé à près de 25 000 € pour le Département, avec une subvention de l’Etat de 50 %.

Les registres matricules mentionnent :

  • le nom,
  • les prénoms des conscrits,
  • leur état civil,
  • des descriptions physiques (taille, forme du visag, couleur des yeux, cheveux et sourcils),
  • leurs campagnes, blessures, décorations ou actions d’éclat
  • et, trop souvent, la date du décès.
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A noter : les tables et les registres matricules antérieurs à 1887 et postérieurs à 1921 sont consultables en salle de recherches, sous forme originale (registres) ou numérique (tables).

Témoignage :
« Les registres matricules m’aident à ‘’ressusciter’’ les poilus »

Frédéric Rivière, archéologue, spécialiste du gallo-romain, se passionne aussi pour l’histoire des poilus lotois. Les registres matricules mis à disposition par les Archives départementales lui sont d’une aide précieuse.

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« La famille Mazot de Pradines m’a confié 1 000 lettres écrites par Raymond Blanc, un poilu lotois, entre juin 1915 et avril 1917. Il en écrivait parfois plus d’une par jour, et sans la moindre faute ! Blessé à plusieurs reprises avant de mourir dans les tranchées, Raymond Blanc raconte son quotidien tout en s’efforçant de rassurer ses proches. Lorsqu’il reçoit un éclat d’obus dans les reins il écrit : « ça va bien » ! Il dit ce qu’il mange, exprime ses pensées, ses sentiments, décrit ses déplacements. Il évoque aussi la rencontre de Lotois. C’est à ce titre que les registres matricules me sont précieux. Cela me permet de reconstituer le parcours exact de Raymond Blanc », explque Frédéric Rivière, « de connecter avec d’autres histoires de poilus. Ainsi, il peut évoquer dans une lettre untel qui habite dans le Lot et n’aura jamais su que ce Lotois est mort quelques heures après seulement. Grâce aux registres matricules, je peux le reconstituer. Je retrouve là mon travail d’archéologue».