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Les monuments aux morts
Au coeur de chaque commune
Les monuments aux morts
nous parlent de l'après-guerre

Chaque commune lotoise possède son monument aux morts. Les décrypter participe à la compréhension de la période d’après-guerre. Nicolas Meynen, maître de conférences en histoire de l’art contemporain et responsable du pôle patrimoine au centre universitaire de Cahors, a étudié ces monuments.

Ici à Rouffilhac

Sur la route des monuments aux morts de Mompart

Pour accéder au circuit et découvrir une sélection de monuments sculptés par Emile Mompart cliquez ici

L’histoire du monument aux morts de Floirac
Un abbé sculpteur ?

Michel Carrière, historien, nous raconte dans une vidéo ce qu’il sait sur ce monument atypique. Ce dernier, situé dans l’église de Floirac a été sculpté par l’abbé Hippolyte Tournié. A voir ici

Pour tous les goûts

Les communes lotoises ont consacré, en fonction de leurs ressources, plus ou moins de moyens à la réalisation de leur monument aux morts. Trois types peuvent être distingués :

  • Les monuments sans ornement, incarnant la sobriété même, ne sont identifiables que par leur inscription (Montcuq, Lauzès).
  • Quelques rares monuments intègrent une œuvre originale confiée à des sculpteurs lotois (A. Rougé à Castelnau-Montratier et à Gourdon, Émile Mompart à Salviac, Figeac et Cahors), toulousains (Georges Vivent à Cazals, Charles Sarrabezolles à Gramat, Fernand Olier à Limogne-en-Quercy), ruténois (Louis Bellouvet à Martel) ou parisiens (Giovanni Pinotti Cipriani à Saint-Céré, Henri Bouchard à Luzech, Michel Léonard Beguine à Bretenoux).
  • Les monuments décorés d’éléments issus de catalogues des fonderies parisiennes telles l’entreprise Fèvres & Cie ou l’entreprise Gourdon, mentionnées dans de nombreux devis pour des monuments lotois. Citons : Cajarc, Catus, Lalbenque, Latronquière, Payrac, Puy-l’Évêque, Saint-Germain-du-Bel-Air, Souillac, Sousceyrac et Vayrac.
Le poilu, figure marquante

La pluralité des idées lotoises a conduit à l’érection d’une série de monuments aux morts à l’esthétique hétéroclite. Parmi les sujets, le poilu, en buste (Limogne-en-Quercy, Sousceyrac) ou en pied, est la figure marquante de ce conflit mondial. Il se décline sous différentes attitudes : par exemple, à Gourdon, il est mourant ; à Souillac, Lalbenque et Puy-l’Evêque, drapeau en main, il traduit sans conteste le caractère triomphant de la patrie ; celui de Saint-Céré foulant de ses pieds l’aigle allemand crie victoire ; celui de Cajarc (photo ci-dessous), en revanche, bien que pourvu du même attribut, illustre la lassitude des combats.

Cajarc

Cajarc, Nelly Blaya - Département du Lot

 

La femme présente aussi

La femme en tant qu’allégorie de la République victorieuse est sans aucun doute valorisée le mieux dans le monument aux morts de Saint-Céré et dans celui de Payrac où le poilu de C. Pourquet, intitulé Résistance, rappelle la tension extrême dans la tranchée. En tant que mère ou épouse, elle figure sur quatre autres monuments : à Gourdon, où elle accompagne le soldat mourant ; à Castelnau-Montratier où elle exprime dans ses habits rustiques la souffrance de ceux restés en vie ; à Cahors, un bébé dans ses bras, elle est associée au poilu de retour chez lui ; à Gramat, c’est une mère et un enfant plus âgé qui se recueillent devant une stèle monumentale sur laquelle est sculptée une victoire ailée, messagère de la République.

Armée d’une couronne, la Victoire ailée vient couronner de gloire le poilu sur le bas-relief du monument aux morts de Martel. Souvent représentée seule, elle personnifie la patrie victorieuse, au sommet du monument aux morts de Latronquière (photo ci-dessous) ou sur celui de Luzech.

Latronquiere.jpg

Latronquière, Nelly Blaya - Département du Lot

Il existe par ailleurs des allégories personnelles : à Cazals, une figure féminine drapée à l’antique dépose au sommet d’un obélisque une branche de laurier ; à Bretenoux, « l’Âme des ruines » venant déposer une couronne appelle à la sensibilité de chacun.

Une symbolique forte

La compréhension des monuments de la Guerre 14-18 passe en particulier par des symboles qui y sont apposés parfois seuls : le coq exprimant le combat et la vaillance, la fierté de la patrie, chantant la victoire (Saint-Germain-du-Bel-Air, Vayrac) ; les branches et couronnes de laurier, de chêne ou de palme (Labastide-Murat, Salviac) valorisant l’idée de gloire ou de victoire. A Castelnau-Montratier et à Figeac, l’ensemble architectural est couronné de pots-à-feu qui mettent en avant son caractère funéraire.

Outre les attributs militaires dépendant de la figure du poilu (casque, fusil, sabre…), certaines armes (canons, obus …) prélevées dans les surplus de l’industrie de guerre sont quelquefois installées comme de glorieux trophées aux abords de monuments. C’est le cas à Castelnau-Montratier, Limogne-en-Quercy, Souillac (où elles ont été retirées) et Vayrac devant la stèle placée à l’arrière du monument de la guerre 14 -18.

Vous aussi,
apportez votre contribution

Un site Internet collecte toutes les informations et photos des monuments aux morts de la France. Le Lot est très largement représenté avec des monuments photographiés essentiellement par Nelly Blaya, photographe du Département.
Les fiches dédiées à chaque monument sont collaboratives. Si vous avez des informations à partager, n’hésitez pas à vous rendre sur le site : monumentsmorts.univ-lille3.fr