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Initiatives lotoises
Ladirat : une fresque en hommage aux femmes de 14-18 (vidéo)

Pour marquer le centenaire de la Grande Guerre, raviver les mémoires, rendre hommage aux femmes de Ladirat et à toutes celles qui, dans les campagnes, ont remplacé avec courage les hommes dans tous les travaux, c'est un choix audacieux que le conseil municipal a fait : commander une œuvre graphique à des artistes du street art.

Durant l'été 2014, le maire Didier Saint-Maxent fait appel à la population pour emprunter courriers, photos datant de la guerre 14-18. Après sélection par un comité d'une photo prise à Ladirat, le choix de textes extraits de courriers échangés entre maris et femmes, le projet a été soumis à deux artistes, Sismik et Azot. Le conseil municipal leur a confié la charge de peindre un mur de 90 m2, comme une passerelle de l'histoire locale. Cette page intitulée «Mon cher époux», dans des tons sépia, ne peut pas échapper au regard… Elle distille les larmes et les mots empreints de gravité, de douleur, d'inquiétude et de tendresse. C'est une œuvre émouvante, unique, un lien entre les générations. La semaine passée avec les deux artistes talentueux, accessibles et à l'écoute des gens, a été une période de découvertes et d'échanges. Voir leur œuvre prendre forme, se construire, ce n'était pas banal. Maintenant qu'elle existe, elle doit être partagée.

La réalisation a duré tout le mois de septembre 2014.

Photos sur le site des artistes

Phrases inscrites sur la fresque de Ladirat

Tu me dit que tu ne peux rien me raconter de la guerre, mais il ne faut pas que ça t’empêche de m’écrire.
Et comme moi tu penses aux jours heureux que nous avons passés.
Moi je suis à l’abri et toi à la pluie car il a fait aujourd’hui un temps plus mauvais que jamais et si tu es dans les tranchées en ce moment tu dois être trempé jusqu’aux os.
Puisque les événements de cette maudite guerre ne veulent pas nous laisser vivre tranquilles.
Avant la fin de cette guerre, il n’y aura plus beaucoup d’hommes.
… que je serai heureuse de pouvoir venir près de toi prendre part à tes peines et tes souffrances, il me semble que la charge sera moins dure.
Reçois mon tendre époux les meilleurs baisers de ton épouse qui pense à toi nuit et jour et qui t’envoi les meilleurs souvenirs.
Si je n’ai pas d’huile d’olive pour les machines, je ne faucherais pas demain.
Je travaille plus qu’à ma force, j’économise le plus possible, alors tu n’as pas à craindre.
J’ai passé trois jours sans écrire mais que veux tu le temps était beau et il y a beaucoup d’ouvrage.
La première fois que j’ai sorti la machine de la grange, quand j’ai été dans le pré, la sueur me descendait partout tant j’avais craint me mettre à l’ouvrage.
Comme toujours j’écris pendant que les autres dorment.
Les bœufs forts travaillent bien pour faucher.
J’espère que tu viendras pour moissonner, le blé noir c’est très difficile et impossible de faire comme si tu n’existais pas puisque je n’ai pas d’autre consolation que toi. Je vis pour toi alors faut pas que ça t’embête si je te demande conseil je n’ai recours qu’à toi.
A quand la fin que l’on ait plus besoin de s’écrire pour se raconter nos peines et nos misères.
Il pleut et peu importe les foins, je serai assez heureuse et je serai heureuse si je te savais heureux toi-même.
Il paraît que vous avez du pain très mauvais, presque immangeable. Pourquoi ne me demandes tu pas ce ce qu’il te faut. Je ne veux pas que tu souffres plus que nous.
Les journées sont longues, les nuits aussi. Si je vis c’est pour nos enfants dans quoi je finirai tout chagrin.
Nous sommes bien malheureux et il y en a d’autres comme nous. On n’entend parler que de morts et de blessés.
Je n’ai rien arrêté sans recevoir tes conseils.
Vous avez soigné mon cher mari, il vous en remercie j’en suis sure au-delà de la tombe des soins que vous lui avez donnés.

Le bourg
46400 Ladirat